À propos

Vous vous souvenez de ce moment dans l’enfance où on posait des questions sans s’arrêter ? Pourquoi le ciel est bleu ? Pourquoi on vieillit ? Pourquoi les chiens reniflent tout le monde ? Les adultes autour de nous répondaient — ou esquivaient, ou soupiaient — mais on continuait. Imperturbables. Insatiables.

Et puis quelque chose s’est passé. On a grandi. On a arrêté de poser des questions.

Pas toutes, bien sûr. Mais les meilleures, oui — celles qui n’ont pas l’air sérieuses, celles qui semblent trop simples ou trop bizarres, celles dont on n’ose plus parler de peur de passer pour quelqu’un qui n’a pas mieux à faire. On a appris à trier. À hiérarchiser. À réserver notre curiosité aux sujets qui en « valent la peine ».

Mauvaise idée.

Parce que derrière « pourquoi bâille-t-on ? » se cache la neurologie du mimétisme social. Derrière « pourquoi les chats ronronnent-ils ? » se cache dix mille ans de coévolution entre les humains et les félins. Derrière « qui a inventé la table ? » se cache toute l’histoire de la civilisation. Les questions en apparence les plus futiles sont souvent celles qui mènent le plus loin — à condition de ne pas avoir peur de les suivre.

C’est exactement ce qu’on fait ici.

On prend les questions qui nous intriguent, qui nous trottent dans la tête, qui semblent absurdes ou grotesques ou trop évidentes pour mériter une réponse — et on creuse. Sérieusement, mais sans se prendre au sérieux. Rigoureusement, mais sans s’ennuyer. On ne considère rien comme acquis, rien comme évident, rien comme indigne d’attention.

Cent mille questions, c’est un programme. On n’en est qu’au début — et on a encore beaucoup à se demander.

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